Top et/ou flop? Deux Chefs, deux terrasses…

Comme de nombreux Chefs étoilés, Maxime Collard (La table de Maxime – 1 étoile au Guide Michelin) et Christophe Aribert (Les terrasses – 2 étoiles au Guide Michelin) accueillent également leur clientèle sur un mode bistrot. Une façon bien sympathique d’exploiter deux facettes différentes de la gastronomie.

Séjournant à Uriage-les-Bains, j’ai eu l’immense plaisir de goûter à la cuisine du Chef, Christophe Aribert (2 étoiles au Guide Michelin). Ce Grenoblois aime sa région, ses montagnes, ses produits et ça se ressent dans l’assiette. Parlons d’abord du cadre… La vue sur le magnifique parc d’Uriage est superbe. Seuls quelques feuillus séparent le restaurant gastronomique du bistrot. Ici, tout le monde s’active sur un mode très convivial mais avec un indiscutable savoir-faire. Côté bistrot, j’ai tenté le « Saumon fumé –  glace moutarde et brioche ». C’était juste parfait. J’ai terminé par une Assiette de fromage du pays dont j’ai particulièrement aimé la sélection. Soulignons la gentillesse du personnel qui, même sous un soleil de plomb, se coupe en quatre pour faire plaisir. Côté restaurant gastronomique, on passe vraiment aux choses sérieuses. D’abord, place à un petit apéro gourmand pris à l’extérieur. Ensuite, j’ai dégusté le menu « Les Spécialités » à 159 €. J’en rêve encore!

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Dans l’assiette, aucune fausse note. La réputation du Chef n’est franchement pas usurpée. Il joue la carte d’une apparente simplicité. Un exercice qui ne peut être réussi que par les plus grands. Produits sublimes, cuissons zéro défaut et saveurs inoubliables!

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Une chose est sûre. A l’avenir, chaque fois que je passerai dans le coin… je ferai un petit détour par Uriage. Nous étions une petite dizaine à table et le Chef a fait l’unanimité. Il a même pris le temps de nous montrer les cuisines et de faire une petite photo souvenir. Chapeau l’artiste!

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Maxime Collard officie en Ardenne. Son étoile, il l’a décrochée très jeune avec une cuisine inventive et moderne, contrastant certainement avec le caractère rustique des environs. Côté gastro, j’ai déjà eu plusieurs fois l’occasion de profiter de sa table. Notamment à l’époque du gibier (sorte de madeleine de Proust pour les plus gourmands). L’expérience vaut le détour, même si le Chef doit encore gagner en maturité et le service en précision (c’est aussi ce qui fait la différence entre une et deux étoiles). La qualité des produits est indiscutable, mais le Chef semble plus à l’aise avec la cuisson de la viande que du poisson (que j’ai déjà à deux reprises trouvé légèrement trop cuit). Soulignons l’excellence des desserts qui m’ont chaque fois permis de terminer sur une note parfaite. La carte des vins ne manque également pas d’intérêt et j’ai apprécié les conseils judicieux du sommelier.

Hier, profitant d’une journée ensoleillée, j’ai testé Les Terrasses de l’Our. Côté cadre, rien à dire, c’est parfait. A l’intérieur, le bois et le cuir se donnent la réplique. Dehors, la rivière donne le « la » surplombée par la terrasse agréablement aménagée.

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Quant à l’assiette, c’est autre chose! On vous annonce pourtant le meilleur et la déception est à la mesure de l’attente. Nous étions cinq à table et l’avis fut unanime!

En entrée, nos choix se sont portés sur « Une croquette de crevettes maison
Tartare de tomate coeur de boeuf – Basilic », bon et bien servi, la « Terrine de foie gras – Magret de canard fumé – Chutney d’abricots et amandes – Pain brioché », un excellent produit, et le Croustillant de pieds de porc Pickels de légumes – Sauce Gribiche. Pour le coup, on cherche encore le « Croustillant », parce qu’il s’agit en fait d’une croquette, assez grossière.

En plat, nous avons testé la « Truite de nos rivières au four – Aromates – Tomates – Pommes de terre grenaille – Oignon ». La grenaille est une pomme de terre à chair ferme, mais elle gagne à être cuite. Le Tartare de bœuf – Frites à la graisse de bœuf -Salade croquante est une vraie catastrophe. Entre un tartare qui ressemble à de la bouillie et une salade molle et dépressive, on n’est franchement pas à la fête. Quant aux Spare-ribs braisées aux épices mexicaines – Frites – Salade, la quantité de sel a fait que nous avons préféré renoncer à les manger.

Heureusement, une excellente « Dame Blanche tournée minute » et quelques délicieux financiers nous ont permis de terminer le repas sur une note plus sympathique.

Interpellés par nos assiettes, pour certaines à peine entamées et nos commentaires négatifs (et surtout mon statut de journaliste), les serveurs ont appelé le propriétaire des lieux, Maxime himself. Petit résumé de la conversation… Il m’a demandé ce que je/ nous n’avions pas aimé. J’ai osé « la consistance pâteuse du tartare », il m’a répondu « c’est comme ça que je le veux », « l’excès de sel sur les spare-ribs « , il a répliqué « c’est comme ça que je les aime », « la salade qui n’était absolument pas croquante mais juste molle à souhait », il m’a dit  savoir que tout était assaisonné minute et qu’il était sûr de lui (ça, je le confirme!). Ajoutant au passage que si ça ne nous plaisait pas, on n’avait qu’à ne pas revenir (qu’il ne s’inquiète pas, nous ne sommes pas masochistes), que de toute façon il affiche complet le midi et le soir, et que, étant chez lui, il faisait ce qu’il voulait. Que sa clientèle n’était pas citadine… Je ne sais pas ce qu’il sous-entendait par là… Y a-t-il une cuisine à deux vitesses?  J’avoue être restée pantoise devant tant d’arrogance et une intolérance totale à la critique. Dommage, j’avais beaucoup aimé le restaurant étoilé du jeune Chef qui, visiblement, a pris le melon. Normal, c’est un fruit de saison!

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